Libre propos


Mes explications vont se révéler imparfaites parce que soumises à des contraintes : celles de symboles collectifs codifiés permettant de partager des mondes mentaux communs mais ne reflétant pas forcément la singularité des pensées individuelles. Je peins mon rapport à la couleur, comme territoire. La peinture, comme la philosophie, m'arrache à la confusion du monde.



La peinture me permet d’expérimenter la part parfois profondément enfouie d’une existence à la construction codée et limitée, me permettant d’échapper à la symbolisation héritée d’une éducation bridée. Elle permet de s’extirper de quelque chose qu’on comprend ne pas nous appartenir. Peindre, c’est résister.

Sorte de catharsis (concept utilisé par la psychanalyse) pour désigner le rappel à la conscience d’idées refoulées. C’est en quelque sorte la transformation de l’émotion en pensée puis en image. Elle devient chaîne de signifiants, faisant effet grâce à la rétine, à une résonance corporelle. La peinture est donc l’effet de l’incidence toujours contingente de la pensée sur le vivant. Elle vectorise le symptôme.

Pour reprendre l’explication de G.Deleuze, le peintre donne consistance aux percepts, ensemble de perceptions et sensations qui survit à celui qui les éprouve. Nietzsche disait « une pensée est toujours la confession autobiographique de son auteur » De la même manière, je dirais que les images du peintre viennent du vécu, du vu, du senti et communiquent avec celui qui les regarde. Parfois ces images séduisent provoquant des réactions épidermiques, parfois au contraire, révulsent ou interrogent aussi plus simplement. Mais elles sont le lieu de confrontations, d’une rencontre, d’une lecture même si cela demande un effort de la part de celui qui regarde, au risque de s’en détourner définitivement.

La peinture, en altérant le réel, doit provoquer quelque chose, parfois même corporellement et susciter un arrêt, de la curiosité, des sensations quelqu’elles soient, des interrogations multiples, de la pensée dans tous les cas. Cela s’adresse à qui veut bien voir, attisé par une certaine curiosité. A celui qui veut bien lâcher prise le temps d’un regard, et s’exerçant à sortir de ses codes et références, arrivera à y trouver une plénitude, un éveil des sens, des évènements introspectifs…



Créer c’est se proposer quelque chose, cela pourrait être un acte militant.
J’attends de ma peinture qu’elle soit sincère et qu’elle me rende vivante.
Quand je peins, je cherche plutôt un langage. L’image s’impose tranquillement après une « performance » gestuelle, mentale, d'agencements chromatiques, de lignes, de mise en scène de lignes, de délimitations dans l’espace toile qui devient un territoire.
J’aime cette notion de territoire.
La couleur est un territoire, elle n’est pas artifice, elle est présence.
Mon travail est de lui donner existence.

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